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Marshall Rosenberg et :
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Marshall Rosenberg
et la justice réparatrice "Ma préférence est que la victime et l’offenseur
se rencontrent. Voici de quoi ça pourrait avoir l’air. La première chose que je vais faire est d’amener l’acteur à se relier de manière empathique avec ce qui se passe pour la victime. Je donne à la victime l’occasion de s’exprimer et de recevoir de l’empathie de la part de l’acteur. La plupart du temps, quand les gens pensent qu’ils veulent punir quelqu’un, moi je pense que le besoin qu’ils ont – et la punition est une stratégie et non pas un besoin – est qu’ils veulent que l’autre personne sache combien ils ont souffert. Mais où dans notre société voyons-nous cela se faire ? Les seules choses auxquelles les gens pensent sont soit d’être des pauvres victimes, – et rien ne se passe – ou alors la punition. Ce sont les deux seules options que nous voyons. Je n’ai encore jamais vu une victime qui a traversé le processus que je vais démontrer maintenant qui ait ensuite aimé voir punir l’autre personne. (Cependant) je peux vous dire qu’avant de commencer, tout ce que la victime veut très souvent, c’est justement de voir l’autre personne souffrir. Voici ce que je vais faire. Je vais commencer par aider cet acteur à se relier de manière empathique avec la personne qu’il a violée. (Note: ceci correspond à la deuxième étape dans le résumé ci-dessus) Victime : "Est-ce que tu te rends compte ce que ça fait d’être tenue de force et de subir une telle chose ? Tu te rends compte combien j’ai souffert ? Comme c’est horrible ? Espèce de monstre... Salaud ! Je voudrais que tu sois mort." Je les informe avant de ce que nous allons faire (Note: cet accompagnement correspond à la première étape du résumé ci-dessus) Je vais leur demander de se mettre en lien de manière empathique. Facilitateur à l’acteur : J’aimerais
que vous vous mettiez en lien avec ce qu’elle est en train de
dire. Qu’est-ce qu’elle ressent juste là maintenant
? Ok, alors on continue encore, parce que cela peut parfois prendre un certain temps. Cette douleur peut être très profonde, et donc j’aide l’acteur à entendre cela. Ça c’est le premier pas, qui continue jusqu’à ce que cette personne se sente pleinement comprise. Facilitateur à la victime : Est-ce que vous
vous sentez comprise ? Maintenant, la chose que je vais faire ensuite est d’aider l’acteur à faire le deuil – non pas à s’excuser, mais à faire le deuil. Pour faire le deuil, il faut aller profondément se rencontrer au fond de soi-même. S’excuser, c’est trop facile. C’est facile de dire, mais qu’est-ce que cela veut dire réellement ? Les gens ont appris déjà en tant qu’enfant qu’on dit ça uniquement pour être pardonné. Il n’y a pas besoin qu’il y ait une réelle sincérité là-dedans, pas de sentiment réel. Mais dans ce que nous appelons faire le deuil, nous voulons que la personne aille chercher au fond d’elle-même. (Note: ceci correspond à la troisième étape dans le résumé ci-dessus.) Facilitateur à l’acteur : Maintenant,
dites comment vous vous sentez juste là maintenant en entendant
ce qu’elle a traversé. Ok, ça c’est ce que nous appelons faire le deuil. Je raccourcis
le processus là, mais voilà à quoi ça ressemble:
rentrer en soi et vraiment regarder comment vous vous sentez à
propos de ce que vous avez fait. Et le relier à des besoins que
vous avez- des besoins qui vous sont propres- qui n’ont pas été
satisfaits par vos propres actions. Ça c’est bien plus
effrayant mais Facilitateur à l’acteur : Maintenant j’aimerais que vous lui disiez ce qui se passait en vous quand vous l’avez fait. Ce que vous ressentiez quand vous l’avez fait. Quels besoins essayiez-vous de satisfaire quand vous le faisiez?’ (Notez: Cette partie correspond à la quatrième étape dans le résumé ci-dessus.) Ce qui est intéressant, c’est que dans cette partie du
processus, la victime est presque toujours – avant même
que je pose la question et après qu’elle ait reçu
la compréhension pour sa souffrance – en train de crier
quelque chose comme: “Comment avez-vous pu faire ça ? Comment
avez-vous pu faire une chose pareille ?” Et si elles font cela avant la première partie, avant qu’elles ne reçoivent la pleine compréhension pour leur souffrance, alors la compréhension qu’elles vont manifester pour l’autre ne peut être que superficielle. Et ça les coupe de leur propre guérison. Mais si elles ont reçu la compréhension dont elles ont besoin, elles ont généralement une soif de comprendre ce qui a bien pu se passer chez l’autre pour qu’il fasse ce qu’il a fait. Facilitateur à l’acteur : Maintenant j’aimerais que tu lui dises ce qui se passait en toi au moment où tu faisais cela. Que se passait-il? Et maintenant j’aide le prisonnier à identifier et à
exprimer les sentiments et les besoins qui étaient vivants en
lui quand il a fait ce qu’il a fait. Et ensuite je demande à
la victime de donner de l’empathie à cela, et de me dire
ce qu’elle entend sur ce qui se passait en lui au moment où
il l’a fait. Qu’est-ce qu’il ressentait, de quoi avait-il
besoin ? Question du public : Quelle est la différence entre une excuse et faire le deuil ? Marshall : Voici ce qu’une personne est toujours
tentée de faire: Je veux que cette personne aille voir en elle-même et qu’elle
souffre de manière naturelle mais profonde. C’est un sentiment
naturel quand nous voyons que nous avons fait quelque chose qui n’a
pas servi la vie. Nous avons des sentiments intenses, mais jamais de
la honte ou de la culpabilité. Les sentiments sont souvent des
sentiments de tristesse profonde. Un désespoir profond. Une peur
profonde. Très souvent c’est quelque chose de cet ordre
là: ‘Je suis terrifié à l’idée
que j’aie pu faire quelque chose comme ça à quelqu’un’
Des sentiments Mais pas des sentiments de honte, ni de culpabilité. La honte et la culpabilité surviennent à travers une auto-violence- la pensée qu’une chose que vous ayiez faite signifie qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez vous. Acteur : Mais quelque chose ne tourne pas rond chez moi, regardez ce que je lui ai fait. Facilitateur : Plus tard nous en viendrons à comment vous en êtes arrivés à faire cela. C’est trop facile de penser que quelque chose ne tourne pas rond chez vous. Je veux que vous alliez voir en vous maintenant et que vous me disiez comment vous vous sentez quand vous pensez à ce que vous avez fait. Je ne veux pas vous entendre vous juger. Ça ne va que vous rendre plus violent. J’aimerais que vous fassiez le deuil, que vous ressentiez du regret, je ne veux pas que vous vous excusiez. Et ensuite, après le processus de deuil, nous allons voir à l’intérieur et nous nous relions de façon empathique avec les raisons que la personne a eu pour agir de la façon dont elle a agi. Vous voyez, la raison pour laquelle une personne fait ce genre de choses est toujours pour satisfaire un ou plusieurs besoins humains. Le problème que nous rencontrons souvent dans le travail que nous faisons dans les prisons, c’est que nous n’avons pas accès aux victimes. Donc je joue le rôle de la victime, et le travail que nous faisons avec le prisonnier est de l’amener à se relier de façon empathique avec la victime, de jouer un jeu de rôle, afin de faire se dérouler le processus même si la victime n’est pas là. Mais nous voulons qu’ils se relient empathiquement à la souffrance qui a été créée par leurs actes. Nous voulons qu’ils en fassent le deuil et ensuite nous voulons qu’ils se pardonnent eux-mêmes en se reliant pleinement de manière empathique avec les besoins qu’ils essayaient de satisfaire chez eux en faisant ce qu’ils ont fait. Cela ne justifie pas le comportement. Cela veut juste dire qu’ils
voient les bonnes raisons pour lesquelles ils ont fait ce qu’ils
ont fait. Les bonnes raisons, cela veut dire qu’ils étaient
en train d’essayer au mieux de ce qu’ils pouvaient à
ce moment-là de satisfaire des besoins humains. Ensuite nous
pouvons commencer à essayer de trouver d’autres façons
pour satisfaire ces besoins qui ne violeraient pas d’autres personnes."
(www.touchstones.org.uk)
en soutien à notre travail d’amener la Communication Nonviolente
dans les prisons et dans les systèmes judiciaires, particulièrement
au Royaume Uni. Si vous souhaitez vous joindre à un réseau
email pour des gens qui partagent leurs expériences dans ce genre
de travail dans différents pays, veuillez contacter Jo
McHale.
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